Trobar, fin'amor et parodie

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Trobar, fin'amor et parodie

Message par Denis le Dim 6 Juin - 18:23

Une amie me disait, après la lecture de Jaufré, qu'elle y voyait une parodie...
Pierre Bec présente, dans "Burlesque et obscénité chez les troubadours", une parodie de la vida de Bernart de Ventadorn comme sortant du "registre grave et courtois de la fin'amor"...
Doit-on parler vraiment de contre-texte ? ...

Cette poésie qui chante la fin'amor n'est-elle pas couramment un subtil alliage de sublimation et d'un certain sens du dérisoire ?

J'ai dans ma bibliothèque deux ouvrages que je n'ai pas encore lus, car, après les avoir parcourus, j'ai ressenti un peu de déception, mais leurs titres sont parlants : "La constellation poétique du non-sens au moyen âge" et "Poésie et rhétorique du non-sens"...

N'entend-on pas une certaine dérision lorsqu'un troubadour se vante de chanter mieux que les autres grâce à son amour qui est le plus grand ?

La forme de la tenso n'est-elle pas par elle-même une déclaration de la prééminence de l'éloquence sur le sujet abordé ?

Je suis toujours étonné que l'on parle ici et là de parodie à propos de chants de troubadours. Ceux qui joutent sur ce sujet de savoir s'il serait courtois de péter suffisamment fort pour sauver cent demoiselles en gonflant ainsi la voile de leur navire immobilisé faute de vent (cf. "Des pets qui font avancer les navires" in "Burlesque et obscénité chez les troubadours") font-ils oeuvre parodique ou choisissent-ils au contraire un sujet qui met en évidence cette prééminence, à leurs yeux, de l'éloquence ?

Jusque dans maints sirventes pourtant parfois très engagés, jusque dans la rotruenge du roi Richart, je ressens une présence constante de l'humour...

Denis
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